L’Echo : La deuxième vie de la société de cosmétique Labocreation

L’Echo : La deuxième vie de la société de cosmétique Labocreation

L’entreprise belgede cosmétique Labocreation entame son extension à l’international !

La  petite société montoise, qui emploie moins d’une dizaine de personnes, a repris début juillet l’activité cosmétique du laboratoire français Bailly-Creat. C’est la première acquisition de Labocreation, qui «pèse» la moitié du site racheté, situé à Bondoufle, en région parisienne. Ce dernier, rebaptisé Labocreation France, emploie 18 personnes, soit le double de sa nouvelle maison-mère belge.

Cette reprise va permettre au labo belge d’attaquer le marché français mais aussi de bénéficier de l’inestimable expertise cosmétique de nos voisins du sud. « En Belgique, nous avons en effet des difficultés à recruter des cosmétologues. Il y en a très peu, alors qu’en France, il y a énormément d’écoles» fait valoir le CEO de la PME hennuyère, Pierrick Halflants, qui a repris et dirige l’entreprise depuis trois ans. «Le marché de lacosmétique est sur la troisième marche des exportations françaises, après l’aéronautique et les vins et spiritueux. Il y a donc une image très forte du Made in France à l’export. Cela va nous permettre d’asseoir et de renforcer notre position en France et nos contacts à l’exportation, car nous exportons déjà énormément, notamment en Asie et en Afrique».

Implanté dans le parc Initialis depuis 2012, Labocreation développe et fabrique des produits dermatologiques et cosmétiques de soinsnaturels et bio en petites et moyennes séries au bénéfice de clients indépendants ou faisant partie d’un groupe plus large. La société, qui se trouvait avant dans le centre-ville de la cité du Doudou, a en réalité déjà 35 ans d’histoire derrière elle: il s’agit en effet de l’ex-Auriga Creation, le site montois d’Auriga International, une entreprise fondée et dirigée par le docteur en chimie Alfred Marchal.

Façonnage

Auriga, qui était cotée en son temps sur le marché libre à Bruxelles (aujourd’hui Euronext Bruxelles Access), a été reprise en 2014 par le groupe espagnol Isdin, situé à Barcelone. Toutefois, ce dernier n’était pas trop intéressé par la partie production de la société belge et a mis rapidement ce pôle en vente. Ingénieur commercial passé par plusieurs entreprises de cosmétiques et d’aroma, Pierrick Halflants a décidé de la racheter en 2016.

De son côté, la marque Auriga, qui possède encore des installations en Belgique à Waterloo, continue d’exister au sein du groupe Isdin, qui distribue également son important catalogue,Labocreation est d’ailleurs toujours fabricant pour le groupe espagnol.

Lors de sa reprise il y a trois ans, l’entreprise montoise était surtout focalisée sur la fabrication à façon et la sous-traitance pour Auriga. Un schéma que Pierrick Halflants a rapidement fait évoluer. «J’ai développéd’autres échelons dans le modèle, souligne-t-il. Nous avons aujourd’hui plusieurs niveaux de partenariats possibles avec nos clients : le façonnage, mais aussi le private label et le sur-mesure. Notre objectif est d’accompagner lenosclientsde la définition de leurl’idée jusqu’à la livraison du produit fini. Cela permet notamment d’apporter une expertise cosmétique à nos clients qui n’ont pas en interne».

Labocreation a ainsi élaboré, par exemple, une gamme de produits pour une plateforme de vente en ligne bien connue en France, qui a développé sa propre marque. L’entreprise étoffe également régulièrement son catalogue de formules qu’elle met à disposition de ses clients. A la demande d’un réseau en plein déploiement en Belgique et très prochainement en France, elle a, par ailleurs, créé deux marques «vitrines» Creation Cosmetic et Creation Aromatic, qui sont vendues en exclusivité chez Medi-Market.

Influenceuses

«Nous sommes Business to Business (B2B)» ajoute encore le CEO. « Notre objectif est de rapidement créer un groupe verticalement intégré spécialisé dans le développement, la fabrication et la distribution de gammes de produits cosmétiques de niches. Des cosmétiques de niche, ce sont des gammes de produits développés pour un marché et un réseau spécifique ou qui répondent à besoin particulier, exemple, des produits BIO au nom d’une enseigne, des produits anti-âge à base d’huile d’argan;mais cela peut être aussi tout ce qui est digital, avec les influenceuses. Nous avons déjà des clientes influenceuses, qui ont toute une équipe derrière elles. Nous développons et fabriquons, en interne,des produits exclusivementà leur image. C’est là qu’il y a une place à prendre. C’est un vrai changement dans le marché des cosmétiques. Il y a une mutation de comportement d’achat et de consommationqui est en cours».

Autre positionnement particulier de la société tant en France qu’en Belgique : le bio. Labocreation a été le premier fabricant à obtenir le Label Cosmos en Belgique. Un label qui définit une nouvelle norme européenneet des exigences communes pour les cosmétiques bios et naturels.

Le nouveau groupereste détenuemajoritairementpar Pierrick Halflants. Il n’y a pas encored’invest local, régional ou institutionneldans le capital. Elle a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 1,8 million en 2018, pour 4 millions pour Labocreation France. Elle est à l’équilibre pour la partie belge, mais pas encore en France. «Nous voulons travailler activement sur l’amélioration de notre Ebitda en développant nos services de consultance de conception sur-mesure et d’accompagnement tant scientifique, réglementaire et marketing, pour devenir un réel partenaire de nos clients et ne pas avoir une simple relation de fournisseur-client, conclut le CEO.  Je ne vais pas vous cacher que nous avons aussi des projets d’acquisitions pour élargir notre portefeuille de marques, de formules ou de licences. Nous pourrions donc procéder prochainement à une levée de fonds pour accélérer notre croissance.»

En savoir plus sur Labocreation France et Labocreation Belgique.

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